Le débat gauche-droite actuel selon Patrick Lagacé

 

Débat gauche-droite et crise sociale au Québec

La théorie à cinq sous de Patrick Lagacé sur l’actuel débat gauche-droite

Caricature illustrant le débat acrimonieux gauche-droite

Anders Turgeon Dossiers Débat gauche-droite et Société

Hier a été publiée une chronique de Patrick Lagacé dans le journal La Presse. Elle traite des dérives concernant le conflit social québécois et le nouveau débat gauche-droite. Ces dérives donnent lieu à tous les abus dans le débat gauche-droite.

«Mais la polarisation est telle qu’on croirait que nous sommes dans des enjeux identitaires fondamentaux. Le climat ambiant est pourri par des dérapages verbaux rarement entendus dans ce Québec généralement pacifique et timoré.»

C’est dans ces mots qu’il décrit l’atmosphère régnant dans ce débat gauche-droite. Et je suis bien d’accord avec lui. Découlant de la grève générale illimitée des étudiants pour protester contre la hausse des droits de scolarité, la crise a pris beaucoup d’ampleur. Et pas pour le mieux.

Il a bien raison de dire qu’il comprend les peuples qui vivent dans une spirale haineuse. Bien que l’enjeu ne tourne qu’autour des droits de scolarité, la polarisation que ces derniers ont entraîné décrit l’atmosphère malsaine de ce débat gauche-droite.

Que ce soit sur les réseaux sociaux et à travers des billets de blog, on s’attaque, on use de sophismes, on s’insulte et on fait même des menaces de mort! Quand nous en sommes rendus là en tant que société, c’est que quelque chose ne va pas.

Comme nous avons changé de paradigme politique (du débat souverainisme-fédéralisme, nous sommes passés au débat gauche-droite), une fracture profonde est en train de séparer la société en deux camps distincts, la gauche et la droite, sur lesquels chacun campe sur sa position et ne fait aucun compromis.

Personne n’a de véritable expérience sur ce débat gauche-droite. Parce que nous vivons sur le modèle québécois social-démocrate depuis la Révolution Tranquille, la société prenait pour acquis que la pensée collective s’installait à gauche. Mais voilà, cette crise découlant du mouvement étudiant contre la hausse des frais de scolarité a contribué à installer cette fracture profonde qu’est le débat gauche-droite. Mais qu’est-ce qui s’est passé pour que nous en soyons arrivés là?

J’appelle ce débat gauche-droite du fanatisme. Autant du côté de la gauche que celui de la droite. Parce que nous ne sommes pas d’accord ou que nous soyons plus modérés dans notre position sur cette crise sociale, on se fait insulter.

Comme un presto chauffé à bloc depuis le début des années 2000, le conflit social marqué par ce débat gauche-droite nous a éclaté au visage en ce printemps 2012. Et, à mon avis, ce conflit n’est pas prêt de se résorber et de devenir plus civilisé.

Dans La Presse du 2 juin: Les rappeurs au secours du francais

 

Hip hop et français

Un article d’Émilie Côté dans La Presse du 2 juin 2012: Les rappeurs au secours du français

Anders Turgeon Dossiers hip-hop et rappeurs et français

Dans le journal La Presse du 2 juin 2012, la journaliste Émilie Côté nous présente un fabuleux dossier sur les rappeurs issus du milieu du hip-hop québécois. Ces rappeurs choisissent de s’exprimer en français, ce qui est tout à leur honneur.

Rappeurs en français: pour les Francofolies de cette année

Premièrement, Laurent Saulnier, chef d’orchestre et programmateur des Francofolies, vante la présence des rappeurs et du hip-hop au sein du festival. Il affirme également que les rappeurs sauvent le français au Québec, car beaucoup d’artistes de la chanson d’ici choisissent de se tourner vers l’anglais.

Dans le cadre des Francofolies, M. Saulnier recherche aussi à rassembler des rappeurs connus (Koriass, Maybe Watson et Karim Ouellet) avec d’autres moins connus (le collectif 12 Singes et 1995), question d’attirer un public jeune friand de hip-hop en français. Un évènement va rassembler ces rappeurs le 9 juin puisque les Katacombes préparent un spectacle pour le label de plusieurs d’entre eux, Abuzive Muzik. Il est également question d’une soirée de joutes verbales en français entre rappeurs, WordUp!, dont l’une d’entre elles aura lieu pendant les Francos aux Katacombes le 13 juin.

Rappeurs en français: popularité et apprentissage sur le tas

Deuxièmement, les rappeurs s’exprimant en français ici ne sont pas marginaux, mais ne sont pas des grandes vedettes non plus. Ils bénéficient toutefois de belles vitrines pour leur rap en français: les stations de radio CISM et CIBL ainsi que MusiquePlus. Les rappeurs francophones d’ici peuvent aussi compter sur la création d’un nouvel évènement, Festival hip-hop de Montréal (FHHMTL), qui a été crée par les labels hip-hop d’ici et dont la première édition a eu lieu du 6 au 13 avril dernier.

Ce festival résulte de la mise en œuvre d’une structure commune pour tous les rappeurs pratiquant leur art en français. Parce qu’ils doivent tout apprendre par eux-mêmes selon une méthode de type DIY (Do-It-Yourself), ils ont besoin d’un cadre créatif qui va leur permettre de développer la qualité de leur rap en français et de tout ce qui entoure leur art: la production, les vidéoclips et leur site web. Ce professionnalisme distingue les rappeurs professionnels des rappeurs amateurs.

Rappeurs en français: Koriass et la relève

Koriass est un de ces rappeurs professionnels s’exprimant en français qui est passé de relève depuis la sortie de son 2e album Petites Victoires en octobre 2011. S’étant fait connaitre grâce au web, il fut pris en charge par le rappeur Anodajay en 2008 et a sorti son 1er album la même année. Il vit maintenant à Québec où la scène hip-hop est la plus bouillonnante de la province.

12 Singes est un rassemblement de MC et de rappeurs ayant choisi le français comme langue d’expression. Ayant pour pseudos JohnJohn, Frenchi Blanco, K-Why et autres Cheak13 DJ Horg entre autres, ils s’auto-produisent et ont choisi de faire du “rap hardcore”, style qui ne s’adresse pas à toutes les oreilles. N’ayant aucun album à leur actif (seulement deux singles), ils ont été néanmoins invités à se produire aux Francos le 9 juin.

Faisant partie de la relève du hip-hop français, le collectif 1995 a autoproduit ses chansons et va les promener d’un festival rock à l’autre durant l’été où les rappeurs sont habituellement peu présents. Composé des rappeurs Sneazzy, Nekfeu, Alpha wann, Areno Jaz, Fonky Flav’ et DJ Lo’, 1995 parvient à faire tourner ses chansons en français à la radio et son issus des rappeurs pratiquant leur art en français qui ont bâti leur rap et leur carrière à la manière DIY. Ils prévoient sortir un 1er album officiel en 2013.

À noter que Koriass et les rappeurs en français de la relève de 12 Singes et 1995 sont des artistes autodidactes (adeptes de la méthode DIY) qui ont mené jusqu’à la popularité leur art et leur carrière au bout de leurs bras. Ils savent également utiliser le web et les réseaux sociaux à leur avantage.